Edito : Politique sociale - la loi du silence ?...

Publié le par D.C.A.

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Dans une commune, la politique sociale concerne l’ensemble de la population, depuis la petite enfance jusqu’aux personnes âgées, et s’exerce à trois niveaux complémentaires :

- l’action contre les inégalités.
- l’action contre les exclusions.
- l’action pour consolider le lien social entre tous les habitants.

Cette triple action construit la solidarité sans laquelle il n’est pas possible de vivre ensemble.

Faire de Châtillon une ville solidaire est tout particulièrement important à une époque où
la déstructuration de la société rurale traditionnelle a profondément modifié les modes de vie et où les plus modestes et les plus fragiles, notamment les personnes âgées, sont menacées par la désagrégation des liens sociaux. La disparition des commerces de proximité, l'accès de plus en plus inégalitaire aux soins et le recul des services publics font le reste. Qu’on regarde déjà ce que signifie, pour nombre de Châtillonnais, la fermeture de la Poste le lundi matin.

Maintenir la solidarité incombe aux élus et constitue une de leurs responsabilités principales.

Voyons ce qu’il en est à Châtillon.

On peut en avoir une première idée à partir de ce qu’en dit Le Châtillonnais qui est la publication officielle de la municipalité.

La lecture des 21 numéros parus entre janvier 1996 et juillet 2007, montre que la politique sociale au sens large n’occupe que 3,7 % des 502 pages publiées. Les sujets privilégiés ont été ceux qui concernent les personnes âgées avec 6 pages (1,2 %), la petite enfance avec 5,5 pages (1 %). En revanche, les questions de l’emploi et du chômage n’ont eu droit qu’à 3 pages (soit 0,6 % des 502 pages), le logement social s’est vu octroyer 1,5 page tandis que la commission sociale, la Croix-Rouge, la PAIO et un entretien avec Irène Verkest ont totalisé 2,5 pages soit moins de 0,5 % des 502 pages.

La lecture des 19 éditoriaux que le Maire a signés en 13 années de mandat, est encore plus significative. Seulement 6 d’entre eux contiennent de très brèves évocations des questions sociales. En janvier 1996, fraîchement élu, il annonce que « La Municipalité est tout entière mobilisée pour lutter contre le chômage et pour remédier aux situations humaines et sociales parfois difficiles qui en découlent ». Il faut ensuite attendre deux ans pour qu’en janvier 1998, il rappelle que « l’emploi pour tous reste, bien sûr, une grande préoccupation » et qu’il « encourage le GEDEC, déjà très actif, à aider plus encore celles et ceux qui sont à la recherche d’un travail ». Une petite phrase sur le CCAS (juillet 2002), une sur les aides à domiciles (janvier 2003), une sur la garderie péri-scolaire ( juillet 2004) et, enfin, le souhait formulé en janvier 2005, que « ceux qui connaissent des difficultés retrouvent la sérénité d’un emploi stable ». On ne pouvait pas faire moins !

Reste le budget. Malheureusement, la manière dont il apparaît dans Le Châtillonnais n’apporte aucune information sur le social. Car, très franchement, combien de lecteurs comprennent vraiment ce que sont « les immobilisations corporelles » et les « immobilisations incorporelles » ? Présenter un budget dans un langage que personne ne comprend, en dehors des spécialistes, obscurcit la réalité plus qu’elle ne l’éclaire.

Au final, les 502 pages du bulletin municipal, les éditoriaux du maire et la publication du budget disent fort peu de chose de la politique sociale de l’équipe au pouvoir.

Devant ce constat, nous proposons deux hypothèses et nous posons deux questions.

Première hypothèse
 : le bulletin municipal se veut discret sur le sujet mais la municipalité a, en réalité, une véritable politique sociale et mène des actions importantes, efficaces et cohérentes contre l’exclusion et contre les inégalités.

Première question
 : pourquoi ne pas le faire savoir dans le bulletin ? Une municipalité a pourtant tout intérêt à rendre visibles les résultats de ses efforts. On ne comprend donc pas la discrétion d’un premier magistrat qui nous a pourtant habitués à une certaine aptitude à valoriser ses réalisations…

Seconde hypothèse
 : le bulletin reflèterait bien, hélas, la réalité de la politique sociale de la municipalité.

S
econde question : comment expliquer cette indigence dans une période où tous les indicateurs signalent une aggravation de la précarité et de la pauvreté ?

Car enfin, il faut rappeler certaines réalités. En 1999, le taux de chômage à Châtillon était de 10,4 % (124 personnes) et en 2004 de 9 % (119 personnes), ce qui n’est tout de même pas rien. En 2006, Châtillon comptait 47,7 % de foyers fiscaux non imposables sur le revenu alors que l’ensemble du Loiret n’en comptait que 40,7 % et la région Centre 44,5 %. Autres données intéressantes : 37 personnes de Châtillon ont bénéficié des Restaurants du Cœur de…Briare pour la campagne 2004-2005; elles étaient encore 22 en 2005-2006.

Alors ?.....

Pourquoi nos élus, si bavards quand il s’agit de détailler leurs grands travaux, si soucieux de répéter qu’ils n’augmentent pas les impôts, demeurent-ils si discrets quand il s’agit d’aborder les problèmes de la précarité, de la pauvreté et de l’exclusion ?

Pourquoi le Maire a-t-il toujours refusé de répondre aux démarches entreprises, dès 1998, par les responsables départementaux des Restaurants du Cœur pour étudier la possibilité d’implanter un centre de distribution dans notre commune comme les chiffres de l’INSEE en montraient la nécessité et comme le réclamaient certaines familles ? étrange attitude de la part d’un homme qui se réclamait de l’idéal communiste… Mais il y a si longtemps !

Pauvreté et précarité seraient-elles incompatibles avec l’image de petit paradis qu’il cherche à donner de la ville ?...

Publié dans Editoriaux

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M
Malheureusement les convictions de certains s'effritent avec le temps. Comment un maire et ses conseillers, peuvent-ils refuser les demandes des responsables des restos pour ouvrir un centre de distribution à Châtillon ??? Je ne comprends pas. Peut-être, comme vous dites, veulent-ils masquer notre "misère sociale" afin de faire croire vu de l’extérieur, au petit paradis ! Cela serait un scandale ! Peut-être ne souhaitent-ils tout simplement pas remplir cette mission qui pourtant leur incombe ! Et d’ailleurs connaissent-ils vraiment leurs missions d’élus ? Je commence à douter ! Pourquoi alors continuer à se représenter devant nous ? Pour le pouvoir, l’argent ou représenter vraiment les citoyens!!!!! Cela me laisse perplexe.<br /> Au fait, merci à dca d'offrir cet espace de liberté. Je pose mes petites questions qui je l'espère trouveront échos à Châtillon. Je pense maintenant ne plus être le seul. J'espère également pouvoir vous rencontrer. En mars, pourquoi pas !
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J
C’est excellent, on apprend des choses intéressantes à chaque numéro... je voterai pour vous.<br /> Jean
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C
votre journal est copieux et tout à fait passionnant. Il est vrai que tous les centres anciens des petites villes sont désertés par leurs habitants au profit des périphéries où on peut faire construire sur un terrain, c'est le rêve des gens; tourner autour de sa maison. Cela produit des voitures et bien d'autres choses.Même si on peut le déplorer c'est la société actuelle.Bref il y aurait de quoi dire, mais bon bravo quand même pour ce travail<br /> fanfan
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